Marc Lebel

"Les Te Deum d'un enfant de coeur"

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samedi 12 octobre 1991

Une fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre

Tous les rosa rosa rosæ
Qu'on nous apprend à décliner
Ne vaut-il pas mieux les compter
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

Les corps plongés dans un liquide
L'état gazeux, l'état solide
Ne nous rendent jamais morbides
À la fenêtre

Les pays et les capitales
L'exportation des céréales
Sont des nuages qui dévalent
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre





Le prof peut être sympathique
Comprendre les mathématiques
C'est pas toujours automatique
À la fenêtre

Parfois on peut tomber des nues
En résolvant des inconnues
Qu'on voit passer toute ingénues
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

L'accord du participe passé
C'est le piéton qu'on a loupé
De ne pas avoir le nez collé
À la fenêtre

Tout ce qu'on veut nous infliger
Peut quelque fois nous déranger
Ah, comme la neige a neigé
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

Pas de kaki

Je suis de ceux qui cheminent
Loin des sentiers battus
Je suis bien on le devine
Un petit peu reclus

Quand la foule manifeste
Je suis un de ceux qui restent
À l'écart
Préférant d'ailleurs au reste
Arriver doucement modeste
En retard

Refrain:

Je ne suis pas de ceux
Que l'on met comme des œufs
Dans un même et pauvre
Petit panier
Mais je suis de ceux qui
On horreur du kaki
Et y a pas un gars qui
Peut le nier

J'aime mieux garder silence
Que de crier haro
Ne pas entrer dans la danse
De qui jouent les héros

Ah vraiment oui je préfère
Mille et une fois me taire
Dans mon coin
Que d'être au pas militaire
Avec ceux qui déblatèrent
Des coin-coin





On dit que je suis timide
Et c'est peut-être vrai
Je mets de l'eau dans mon liquide
Seulement quand ça me plaît

Mais quand la foule en liesse
Veut de moi dans son ivresse
Halte-là
Même avec impolitesse
Je refuse ces largesses
Et voilà

Au refrain

Certains on besoin des autres
Pour avoir d'l'agrément
Etre suivi de douze apôtres
Ne me plaît pas tellement

Car ce n'est plus un mystère
Et Jésus n'a su le taire
Sur la croix
Nos plus grands bonheurs sur terre
Sont des bonheurs solitaires
Je le crois

N'étant pas un pince-fesse
Qu'on ne compte pas sur moi
Au carnaval des duchesses
Pour causer quelqu'émoi

Me tenant loin des parades
Évitant les mascarades
Je m'en vais
Me sentir le cœur en rade
Et vider seul ma razade
En secret

Au refrain

Peut me chaut la solitude
Si elle est bien à moi
Elle vaut la multitude
Que l'on ne choisi pas

Laissant ceux qui vont à Rome
Je suivrai mon p'tit bonhomme
De chemin
En allant piquer des pommes
Au grand verger que l'on nomme
Le destin

Paroles et musique Marc Lebel

Les bancs

C'est sur les bancs d'école
Que j'ai connu Nicole
Elle me prêtait sa colle
Moi je rêvais de ses yeux de luciole

Refrain

Les rêves sans trêve
Nous mènent et malmènent
Vers des horizons
Qui n'ont pas de fond
Mes rêves de jeunesse
Ne sont que prouesses
Fantasmes et lubies
Pauvres fantaisies

C'est sur les bancs d'église
Que j'ai connu Denise
À travers sa chemise
Je rêvais de folles entreprises

C'est sur les bancs publics
Que j'ai connu Monique
Elle était fille publique
Moi je rêvais qu'elle était pudique

Au refrain

Sur les bancs de toilette
J'ai rencontré Yvette
N'eut été de ses bobettes
J'eus rêvé de lui conter fleurette




Sur les bancs d'autobus
J'ai connu des Vénus
Qui ne valaient pas plus
Que mes rêves dans les abribus

Au refrain

Sur les bancs du collège
Y avait une Blanche-Neige
Dans ses cours de solfège
Je rêvais de faire des sacrilèges

Sur les bancs de Terre-Neuve
À l'autre bout du fleuve
Faut-il que ça émeuve
J'ai rêvé de Catherine Deneuve

Au refrain

Paroles et musique Marc Lebel