
Mon amour est si peu pour vous
Et pourtant
Je suis la musique sous vos pas
Je suis la fragilité de vos gestes
Je suis la fraicheur sur votre front
Je suis la douceur de vos mains
Mais mon cœur vous est étranger
Je frissonne
Et ma passion brûle d'avance les mots que je voudrais vous dire
Elle éloigne de vous les attentions que je vous porte
Elle couvre de silence les aveux que j'ai mille fois préparés
Elle écarte à jamais les «Je t'aime» que je veux vous offrir
Alors je doute de moi
Et j'ai peur
Je tremble
Je nomme froideur votre regard profond
J'affirme votre démarche quelconque
Je proclame hautaine la vertu qui vous honore
Espérant bassement vous trahir
Espérant vainement vous haïr
Car je ne peux
Je ne puis
Enfin
Je n'ose
De tout temps
Je suis votre esclave dévoué
Je suis votre serviteur effacé
Je suis votre amant ignoré
Mais vous
Vous ne me considérez pas
Vous m’ignorez totalement
Vous me rejetez même
Car
Vous êtes insensible à mes gestes
Vous êtes sourde à mes discours
Vous êtes aveugle à mon amour
Je suis invisible pour vous
Que vais-je devenir sans vous
Maintenant que je suis fantôme?
Marc Lebel, 29 septembre 2006
Atelier de Michel Pleau, U.L.