Marc Lebel

"Les Te Deum d'un enfant de coeur"

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vendredi 29 juin 2007

Histoire de chanson ou Québec (La chanson en escalier)

Voici ce qu'était ma proposition de chanson-thème pour le 400e anniversaire de la ville de Québec.

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vendredi 23 décembre 2005

Toutes mes compositions sur cette page...

Il fut un temps où je fus chansonnier. Voici les paroles de mes chansons...

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lundi 12 février 1996

Apprendrons-nous

Refrain:

Passent les jours et les semaines
Nous connaissons bonheur et peine
Passent les mois, les saisons, les années
Apprendrons-nous enfin à nous aimer

Chacun de nous venant sur terre
N'est qu'au départ qu'un brin de chair
Un petit cœur doté du genre humain
Cherchant l'amour à l'aube de son destin

Et puis chacun à sa manière
On part le coeur en bandoulière
Et on se fait des amis des copains
Qui empruntent parfois d'autres chemins

Un jour pourtant le coeur se serre
L'amour est là dans la lumière
Pour qui dès lors chanteront les lendemains
Et qui hélas en viendront aux mains

L'amour souvent est un mystère
Au demeurant, une chimère
Que l'on poursuit dans une quête sans fin
À nous aimer, apprendrons-nous enfin

(Paroles et musique: Marc Lebel)

vendredi 12 janvier 1996

Si j'étais roi

(Ou : Petite chanson pour toi)

Si j'étais roi
Te couvrirais de richesses
Mais je suis moi
Et te couvre de caresses

Si j'étais prince
Irais te serrer la pince
Mais je suis fou
Et t'embrasse tout partout

Preux chevalier
Veillerais sur ta chasteté
Mais sans armure
Me glisse sous tes couvertures

Grand chambellan
T'érigerais un monument
Mais troubadour
Te chante et te fais l'amour

Si j'étais roi
Te couvrirais de richesses
Mais je suis moi
Et te couvre de caresses

Paroles et musique: Marc Lebel

lundi 12 septembre 1994

Mon coeur est un petit navire

J'ai navigué dans tous les ports
J'ai accosté dans tous les bars
J'ai pris des femmes dans les mains
C'est connu les femmes aiment bien les marins

Chaque fois, j'ai repris la mer
Mais l'autre jour, j'ai découvert
Qu'était cachée comme un voleur
Dans le mil de mon cœur une petite fleur

Refrain: 	
Mon cœur est un petit navire
Qui tangue et roule et qui chavire
Dans un océan de bonheur
Que m'a laissé une petite fleur.

Ma petite fleur est une femme
Qui m'a foutu le vague à l'âme
Moi qui n'étais qu'un malappris
C'est moi qui l'ai cueillie mais c'est elle qui m'a pris

Depuis ce temps sur la mer bleue
Je navigue mi-malheureux
Et mi-content d'avoir connu
Cett' p'tit fleur que peut-être je ne reverrai plus

Au refrain

Le soir descend monte l'étoile
Mon rêve alors lève la voile
Il conjure la destinée
Que ma p'tit fleur me soit un beau jour ramenée

Que le bon Dieu la protège
Du froid du vent et de la neige
Enfin s'il est un peu d'accord
Qu'elle m'aime toujours et qu'elle m'aime encor

Au refrain

mardi 12 octobre 1993

Chanson des retraités

Comme dirait Jules Fontaine, il faut bien travailler
Un matin on se lève, la retraite a sonné

Refrain: 	
Il y a longtemps que j'y pense
Enfin elle est arrivée

Alors on se demande: «Bien! Par où commencer?»
Voilà qu'on nous invite à une petite soirée

Y' aura les vingtenaires, qu'on voudra célébrer
On leur fera la classe des futurs retraités

Puis on fera la file pour aller tous manger
C'est l'heure de la soupe, faut pas se bousculer

Y en aura pour tout le monde, jusqu'au petit dernier
Si on veut une bouteille, alors faudra payer

Après à la Margelle on pourra venir danser
A moins d'être cul-de-jatte, ce sera une belle soirée

Paroles: Marc Lebel Musique traditionelle Air: À la claire fontaine

Chanson des vingtenaires

Ça fait 20 ans
Que j'travaille au collège
Tous les matins
Je cherche un stationnement
Est-ce par hasard
Ou est-ce un sortilège
De jour en jour
Y a plus d'autos qu'avant

J'prends mon café
Puis je m'en vais en classe
Ou au bureau
Cela dépend comment
De jour en jour
Mon Dieu que le temps passe
À Sainte-Foy
Ça fait déjà 20 ans

Moi qui croyais
Demeurer une jeunesse
Ah! je vois bien
Qu'on ne trompe pas le temps
Quand on est jeune
On se fait des promesses
Des vœux pieux
Paroles de débutants

Mais peu à peu
Au fur qu'on prend de l'âge
Ou bien du poids
Cela dépend comment
On voudrait bien
Être de l'équipage
Des retraités
Sans attendre 20 ans

Musique sur l'air de «J'avais vingt ans».
Chanson popularisée par Fernand Gignac au Québec et internationalement par Tino Rossi.
Paroles originales: Jean Tavéro.
Musique: Camille Devos.

jeudi 12 mars 1992

Demain dès l'aube (Victor Hugo)

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends
J'irai par la fôret, j'irai par la montagne
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées.
Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Paroles: Victor Hugo (Les contemplations)
Musique: Marc Lebel

Conseil de maman

Ma mère n'avait presque pas d'instruction
Et pourtant elle avait bien du jugement
J'vous dis quelque soit la situation
Elle usait toujours de son gros bon sens

Elle tenait tête à tout représentant
Qui voulait lui imposer un produit
Toujours directe toujours polie pourtant
Elle lui disait de s'en acheter pour lui

Refrain

Un homme déshabillé
Que t'imagines en train de trôner
Ne t'en fais pas mon petit bonhomme
Ce n'est plus le même homme

Si on parlait de la reine d'Angleterre
Que d'aucuns prenaient pour le chef d'État
Maman nous lançait ce bref commentaire
«Comme chef de famille quel est le résultat? »

Et si un autre parlait de politique
En nous promettant des routes et des ponts
Elle qui connaissait déjà la musique
Disait «Tiens, voilà bien un autre fripon.»
Conseil de maman

Elle faisait fi du curé du village
Qui nous menaçait du haut de sa chaire
Elle nous disait que c'est pas à son âge
Qu'on risque de se retrouver en enfer

Voici qu'un jour le village est en liesse
C'est l'année Sainte, le Cardinal Léger
Vient faire un tour, il dira la messe
Je suis malade elle préfère me langer

À vrai dire je ne connais pas personne
Qui aurait pu lui faire changer d'idée
Quand je dis ça, je sais, mon cœur frissonne
Il me reste un point à élucider

Devant mon père elle courbait la tête
Un peu plus elle se mettait à genoux
L'amour des fois je me dis que c'est bête
À tout le moins tel que vécu chez nous

mercredi 12 février 1992

Un homme passe sous la fenêtre et chante (Louis Aragon)

Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Comme la vitre pour le givre
Et les vêpres pour les aveux
Comme la grive pour être ivre
Le printemps pour être amoureux
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux

Toi qui avais des bras des rêves
Le sang rapide et soleilleux
Au joli mois des primevères
Où pleurer même est merveilleux
Tu courais des chansons aux lèvres
Aimé du Diable et du Bon Dieu
Toi qui avais des bras des rêves
Le sang rapide et soleilleux

Ma folle ma belle et ma douce
Qui avais la beauté du feu
La douceur de l'eau dans ta bouche
De l'or pour rien dans tes cheveux
Qu'as-tu fait de ta bouche rouge
Des baisers pour le jour qu'il pleut
Ma folle ma belle et ma douce
Qui avais la beauté du feu

Le temps qui passe passe passe
Avec sa corde fait des nœuds
Autour de ceux-là qui s'embrassent
Sans le voir tourner autour d'eux
Il marque leur front d'un sarcasme
Il éteint leurs yeux lumineux
Le temps qui passe passe passe
Avec sa corde fait des nœuds

Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Le monde l'est lui pour y vivre
Et tout le reste est de l'hébreu
Vos lois vos règles et vos bibles
Et la charrue avant les bœufs
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux

Paroles: Louis Aragon (Elsa.)
Musique: Marc Lebel

Bonne Saint-Valentin moi-même

Je suis la seule personnne que j'aime
Mais ce n'est pas vraiment mon choix
L'amour ça ne va pas de soi
Bonne Saint-Valentin moi-même

Je me suis offert un chrysanthème
C'est ce que je préfère comme fleur
Un petit chocolat en cœur
Bonne Saint-Valentin moi-même

Mon cœur est dans un bas de laine
Comme un trésor non réclamé
Il n'a personne d'autre à aimer
Bonne Saint-Valentin moi-même

Je ne m'en fais pas un problème
La vie ne me fait pas tourment
L'amour viendra un bon moment
Bonne Saint-Valentin moi-même

Je passe déjà la quarantaine
Y a eu personne sur mon chemin
Personne pour me tendre la main
Bonne Saint-Valentin moi-même

J'n'ai pas une face de mi carême
Mais pas Apollon pour autant
Plus laids que moi aiment pourtant
Bonne Saint-Valentin moi-même

À vrai dire mon regret suprême
C'est que je n'aurai pas d'enfants
Qui nous attachent et qu'on défend
Bonne Saint-Valentin moi-même

Et je vois passer les semaines
Gardant toujours un peu d'espoir
Que tombera sur moi le hazard
Bonne Saint-Valentin moi-même

Surtout pas «À l'année prochaine»
Pas besoin d'un autre «rendons-nous»
Mais quelqu'un qui dirait tout doux
Bonne Saint-Valentin je t'aime

Marins et capitaines

Oh, combien de marins combien de capitaines
Quand il fait méchant temps vont s'ancrer à taverne
C'est là qu'on les retrouvent à jamais enfouis
Pour aller boire d'un coup leur petite fortune
Dans des verres sans fond faisant fi de Neptune
Et ils boivent et reboivent dans une soif inouïe

On dirait que les pauvres ont leur tête perdue
Certains marchent de travers d'autres sont étendus
Ils traitent comme frères de sombres inconnus
Leur parlant de bateaux de haut-fonds et de grèves
Et ils parlent de la mer comme on parle de rêves
Jamais de ceux hélas qui ne sont pas revenus

Et ils reboivent encore mais restent éveillés
L'alcool n'ayant pas de fer y pourront pas rouiller
Certains on tellement bu qu'ils sont rendus tout verts
Mais tout grisés qu'ils sont parlent encore d'aventures
Des putains d'Amsterdam et de leurs vergetures
Ou de celles de Bankok qui restent au Diable Vauvert

Aucun d'eux n'avouera qu'il est un infertile
On se demande parfois en amour que font-ils(e)
Tous ces marins bravard que font-ils dans le lit
Quand ils sont dessaoulés ont-ils encore mémoire
Ont-ils la verge heureuse ou bien broie-t-elle du noir(e)
Dans ces soirs de grand vent aucun d'eux ne l'a dit

Nous sommes ces marins sombrés dans la nuit noire
Nous sommes ces fêtards des raconteurs d'histoires
Les unes vous font pleurer les autres rire à genoux
Vous vous les racontez vous voulant vous marrer
Mais par delà les rires nos voies désespérées
Iront-elles jusqu'au ciel iront-elles jusqu'à vous

dimanche 12 janvier 1992

Le gaz naturel

Oh ma chérie c'est quand tu pètes que je t'aime
Car tes gaz sont pour moi un vrai poême
Sons et parfums tournent dans l'air du soir
S'évaporant ainsi qu'un encensoir

Elles seront toujours pour moi une énigme
Ces femmes qui n'ont que des borborygmes
J'aime tes pets parce qu'ils sortent tristes et beaux
Plus beaux plus tristes que tous les vers de Rimbaud

Certains frémissent comme un cœur qu'on afflige
D'autres provoquent un langoureux vertige
Les plus légers s'envolent comme des ballons
Et les plus lourds produisent un bruit de canon

De nos repas tes pets recueillent tout vestige
Pour nous offrir des p'tits bonheurs qui voltigent
Venus j'ne sais d'où d'un néant vaste et noir
Ou lumineux tout comme un ostensoir

Si ma chanson est un peu polissonne
C'est que tes pets toujours en moi résonnent
Il faut bien peu pour faire vibrer un cœur tendre
Et malheur à qui ne peut les entendre

Malheur aussi à qui ne peut les sentir
Et celui-là peut aller se repentir
Qu'il batte sa coulpe et en demande pardon
Car sans odeur comment jouir sous l'édredon

Chérie d'amour mon lapin mon trésor
J'aime tes yeux ta bouche et plus encor
Ce que j'aime de toi ma biche ma tourterelle
Ce sont tes gaz, tes gaz bien naturels.

jeudi 12 décembre 1991

Accordéon

Blanche et noire et vaine coule bien ma peine
Les notes défilent doucement entre mes doigts
Blanche et noire et vaine, passe ma semaine
C’est un chant d’amour mais pas un hymne à la joie

Quand la lune est pleine, c’est bien ma déveine
Pas une seule fille ne se faulile entre mes bras
Serait-elle vilaine nulle ne s’enchaîne
À mon cou, à mon cœur, à ma vie et à moi

Blanche et noire et vaine telle est ma rengaine
Et je la ventile de soir en soir à la coda
Que coule la Seine des Rimbaud Verlaine
Le rideau tombé laquelle me dira oui da

À perte d’haleine, plainte de sirène
Ma voix s’égosille ô cruelle java
Qu’à cela ne tienne malgré mes fredaines
Mon accordéon me sourit me tend les bras

Alors il s’enchaîne contre ma bedaine
Jaloux imbécile comme un tigre ne dit-on pas?
Consoler ma peine blanche et noire et vaine
C’est ce qu’il voudrait, le malheureux ne peut pas

Qui sera la reine douce souveraine
Qui viendra des Iles me délivrer de mon karma
Que le vent m’amène cette joie soudaine
Avant qu’en syncope je ne glisse dans le coma

Blanche et noire et vaine coule bien ma peine ...


© Marc Lebel, 1992. Socan.

mardi 12 novembre 1991

Ma p'tite chanson

Quand le printemps bourgeonne
Quand l'hirondelle revient
Quand l'hiver monotone
Reprend son petit chemin

Quand les filles sont belles
Toutes à croquer
Et quand mon sexe bêle
Dans son intimité...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois fleuri
Nous irons pour nous conter fleurette
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois fleuri

Et quand l'été arrive
Sur la pointe des pieds
Quand il dore la rive
En suivant la marée

Quand les filles sont belles
Dans leur petite tenue
Et quand mon sexe bêle
Au diable la vertu...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois charmant
Nous irons jouer sous l'épinette
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois charmant

Quand l'automne colore
Montagnes et forêts
C'est la saison encore
D'être tout guilleret

Quand les filles sont belles
Comme fruits défendus
Et quand mon sexe bêle
D'être tout morfondu...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois flétri
Nous irons tirer la bobinette
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois flétri

Quand l'hiver monotone
Nous refroidit les sangs
Et quand mon cœur frissonne
Au verglas frémissant

Quand les filles sont belles
Toutes emmitoufflées
Et quand mon sexe bêle
D'être tant essoufflé...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois tout blanc
Nous irons réchauffer nos binettes
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois tout blanc

Les inopportuns

Sitôt qu'ils sont sortis du berceau ces petits
Cons sont donc inopportuns
Leur existence même nous cause des problèmes
Y penser c'en est un

Du seul fait d'être vivants ils se croient importants
Plus que nous tous réunis
S'ils faisaient leur bonheur à nous planter des fleurs
On les trouverait gentils

Hélas ils sont crétins ici mon masculin
Est, il se doit, épicène
Ils volent notre temps en veulent à notre argent
Mais ne valent pas cinq cennes

Un de ces attributs nous croise dans la rue
Et nous voilà pris au piège
Dès qu'on leur ouvre la porte que le diable les emporte
Ils nous collent au siège

Troubler la quiétude, c'est de leur habitudes
C'est leur modus vivendi
Voyez pour ces gens-là, home sweet home c'est chinois
Sans relâche pardi

On n'a rien demandé, et v'là qu'ils font sonner
Notre pauvre téléphone
«Madame est-elle là?», comme elle n'y est pas
Eh bien c'est nous leur homme

«Bonjour, vous allez bien?» demandent ces crétins
Fanatiques du combiné
Bientôt ils vous tutoient, ne laissant pas le choix
De raccrocher au nez

Voilà que ça se complique, car un autre rapplique
Pour vous offrir une aubaine
Et si on en veut pas, Il nous fait tout un plat
Les yeux remplis de haine

Se croit-on libéré, parce qu'on l'a viré
Répondant du tac au tac
D'autres plus astucieux, d'autres plus malicieux
Colportent leur publi-sac

Alors de ce fléau,qui nous cause tant de maux
Quelle serait la solution?
J'en ai une pour ma part, dont je vais vous faire part
Qui frôle la perfection

Je vous le dis franchement, j'suis pour l'avortement
Tout-à-fait libre et gratuit
Avec ce correctif, qu'il soit rétroactif
Libre et gratuit aussi.

samedi 12 octobre 1991

Une fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre

Tous les rosa rosa rosæ
Qu'on nous apprend à décliner
Ne vaut-il pas mieux les compter
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

Les corps plongés dans un liquide
L'état gazeux, l'état solide
Ne nous rendent jamais morbides
À la fenêtre

Les pays et les capitales
L'exportation des céréales
Sont des nuages qui dévalent
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre





Le prof peut être sympathique
Comprendre les mathématiques
C'est pas toujours automatique
À la fenêtre

Parfois on peut tomber des nues
En résolvant des inconnues
Qu'on voit passer toute ingénues
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

L'accord du participe passé
C'est le piéton qu'on a loupé
De ne pas avoir le nez collé
À la fenêtre

Tout ce qu'on veut nous infliger
Peut quelque fois nous déranger
Ah, comme la neige a neigé
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

Pas de kaki

Je suis de ceux qui cheminent
Loin des sentiers battus
Je suis bien on le devine
Un petit peu reclus

Quand la foule manifeste
Je suis un de ceux qui restent
À l'écart
Préférant d'ailleurs au reste
Arriver doucement modeste
En retard

Refrain:

Je ne suis pas de ceux
Que l'on met comme des œufs
Dans un même et pauvre
Petit panier
Mais je suis de ceux qui
On horreur du kaki
Et y a pas un gars qui
Peut le nier

J'aime mieux garder silence
Que de crier haro
Ne pas entrer dans la danse
De qui jouent les héros

Ah vraiment oui je préfère
Mille et une fois me taire
Dans mon coin
Que d'être au pas militaire
Avec ceux qui déblatèrent
Des coin-coin





On dit que je suis timide
Et c'est peut-être vrai
Je mets de l'eau dans mon liquide
Seulement quand ça me plaît

Mais quand la foule en liesse
Veut de moi dans son ivresse
Halte-là
Même avec impolitesse
Je refuse ces largesses
Et voilà

Au refrain

Certains on besoin des autres
Pour avoir d'l'agrément
Etre suivi de douze apôtres
Ne me plaît pas tellement

Car ce n'est plus un mystère
Et Jésus n'a su le taire
Sur la croix
Nos plus grands bonheurs sur terre
Sont des bonheurs solitaires
Je le crois

N'étant pas un pince-fesse
Qu'on ne compte pas sur moi
Au carnaval des duchesses
Pour causer quelqu'émoi

Me tenant loin des parades
Évitant les mascarades
Je m'en vais
Me sentir le cœur en rade
Et vider seul ma razade
En secret

Au refrain

Peut me chaut la solitude
Si elle est bien à moi
Elle vaut la multitude
Que l'on ne choisi pas

Laissant ceux qui vont à Rome
Je suivrai mon p'tit bonhomme
De chemin
En allant piquer des pommes
Au grand verger que l'on nomme
Le destin

Paroles et musique Marc Lebel

Les bancs

C'est sur les bancs d'école
Que j'ai connu Nicole
Elle me prêtait sa colle
Moi je rêvais de ses yeux de luciole

Refrain

Les rêves sans trêve
Nous mènent et malmènent
Vers des horizons
Qui n'ont pas de fond
Mes rêves de jeunesse
Ne sont que prouesses
Fantasmes et lubies
Pauvres fantaisies

C'est sur les bancs d'église
Que j'ai connu Denise
À travers sa chemise
Je rêvais de folles entreprises

C'est sur les bancs publics
Que j'ai connu Monique
Elle était fille publique
Moi je rêvais qu'elle était pudique

Au refrain

Sur les bancs de toilette
J'ai rencontré Yvette
N'eut été de ses bobettes
J'eus rêvé de lui conter fleurette




Sur les bancs d'autobus
J'ai connu des Vénus
Qui ne valaient pas plus
Que mes rêves dans les abribus

Au refrain

Sur les bancs du collège
Y avait une Blanche-Neige
Dans ses cours de solfège
Je rêvais de faire des sacrilèges

Sur les bancs de Terre-Neuve
À l'autre bout du fleuve
Faut-il que ça émeuve
J'ai rêvé de Catherine Deneuve

Au refrain

Paroles et musique Marc Lebel

dimanche 12 mai 1991

Quand meurt l'un

Refrain

On est tous peu ou prou déçu 
Quand meurt l'un qui n'aurait pas du
La vie ça ne vaut pas le cul           
Quand meurt l'un qui n'aurait pas du

Y a tant de fieffés imbéciles
Qui mènent la vie bien facile
Et crac, au mauvais moment
Meurt l'un qui avait du talent.

Y a tant de vieux et tant de vieilles
Qui pour la délivrance veillent
Et crac, vient la maladie
Meurt l'une qui pétait de vie.

au refrain






C'est à tout âge qu'on est mortel
La mort doit nous être naturel(le)
Et crac, au jardin d'enfants
Elle va faucher un innocent.

L'amour nous mène au mariage
Plus loin parfois et c'est dommage
Car crac, se produit le drame
L'homme tue ses enfants, sa femme.

au refrain

Quand un président s'illumine
Il a bonne bouille et grande mine
Et crac, il s'en va-t-en guerre
Et l'on remplit les cimetières.

Chacun de nous aura son heure
Y en a-t-il une qui soit meilleure
Car crac, on fait un faux pas
Et on passe de vie à trépas.

au refrain

      Paroles et musique:  ©Marc Lebel

vendredi 12 avril 1991

Auprès de ma blonde

Refrain

Quand je dors auprès de ma blonde      
Où il fait bon, fait bon,fait bon dormir
Des fois mon esprit vagabonde
Et je ne peux le retenir
Des fois mon esprit vagabonde
Et je ne peux le retenir

Est-elle une petite fille
Rêvant d'amours et de merveilles
À qui je fais lune qui brille
Au baldaquin de son sommeil

Est-elle dame de mes pensées
Pour qui j'ai tant souffert d'attendre
Et que je laisse traverser
Doucement ma carte du tendre



Est-elle princesse au donjon
Prisonnière de son propre père
Que je délivre pour de bon
Et nous courons dans les fougères

  Au refrain

Est-elle guerrière au repos
Assoupie nue parmi les aulnes
Que je viens border d'oripeaux
O la dormante amazone



Est-elle amante ou bien maitresse
Assouvie après tant d'amour
Que je recouvre de caresses
Et redécouvre ses contours

Est-elle muse qui inspire
Au poète ses plus beaux recueils
Dans son sommeil je vais écrire
Toute la nuit sans fermer l'œil . . .

Au refrain
     Paroles et musique:  ©Marc Lebel

mercredi 12 décembre 1990

Valparaiso

C'était un gars de l'Abitibi
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Qui avait un drôle de zizi
En forme de goulot, Oh, Oh, Oh
Que faisait-il quand il était chaud
Ah, le câlisse, pas achalé
Il pensait qu'il était le plus gros
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Il voulait avec son prépuce
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Se taper toutes les Vénus
Comme dans les films pornos Oh, Oh, Oh
Il pensait même faire un vidéo
Ah, le câlisse, pas achalé
Dans lequel il serait le héros
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Il se présente dans un bar
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Il avait le regard hagar
Cet espèce de salaud Oh, Oh, Oh
En deux secondes vide le Cinzano
Ah, le câlisse, pas achalé
Il a tout bu comme de l'eau
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Il demande à voir la patronne
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
D'une voix qui sent le fond de tonne
Pas une voix d'alto Oh, Oh, Oh
Il dit «madame, j'ai besoin de peau»
Ah, le câlisse, pas achalé
«J'ai besoin de me mettre au chaud»
Ah, le câlisse, le coït et Oh



-«Va au bordel y a de belles filles»
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Fit la patronne mince comme une quille
D'un regard de couteau Oh, Oh, Oh
Mais son Popol était déjà haut
Ah, le câlisse, pas achalé
Qu'il l'exiba avec couilles en duo
Ah, le câlisse, le coït et Oh

La patronne éclata de rire
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
«C'est donc ça qui te fait souffrir
Qui excite ta libido Ho, Ho, Ho»
D'un geste vif elle saisit le goulot
Ah, le câlisse, pas achalé
Lui mit un bouchon et comme il faut
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Le gars surpris ne bougea plus
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Que pour détendre son membre dru
Devenu rigolo Oh, Oh, Oh
Tout en souhaitant pas le revoir de sitôt
Ah, le câlisse, pas achalé
La patronne l'ensevelit de gros mots
Ah, le câlisse, le coït et Oh

C'est la technique du bouchon
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Dont on parle encore dans les salons
De taï-chi de judo Oh, Oh, Oh
Mesdames si un crétin insiste trop
Ah, le câlisse, pas achalé
Vite un bouchon en coup de marteau
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Le trou de cul

C'était un petit fonctionnaire
À la mine patibulaire
Qui faisait bien son boulôt
Il était d'humeur égale
Un brave type et jovial
Bon compagnon de bureau

Tout le monde le connaissait
Et jamais il n'élevait
La voix le ton pour protester
Toujours avec le sourire
Il savait affronter le pire
En saint homme plein de bonté

Un jour le p'tit fonctionnaire
Eut bien mal à son derrière
Et consultat le médecin
Ce dernier d'un air étrange
Lui raconta en subtance
Après bien des examens

«Monsieur je serai clair et net
On dirait qu'une épinette
Vous obstrue le postérieur
Mais sans trace d'hémorroïde
Ce n'est plus moi qui décide
Allez vous faire voir ailleurs.»

Alors le p'tit fonctionnaire
Regarda dans l'annuaire
Son mal allant de mal en pis
Il découvrit cette annonce
Docteur Laseringue, Alphonse
Pour anus-o-thérapie

On lui fixe un rendez-vous
Ça lui tente peu ou prou
N'en pouvant plus de souffrir
Il se présente à l'heure dite
La mine basse et déconfite
«Faites quelque chose pour me guérir»

Voilà le p'tit fonctionnaire
Étendu face contre terre
Prêt à tout bien malgré lui
C'est l'heure de la vérité
Et on l'entend suinter
Des Je vous salue Marie

Avec une seringue grosse comme ça
Qu'il enfonce des deux bras
Dans l'intime orifice
Le docteur dit en souriant
Je n'en ai plus pour bien longtemps
Je mets fin à votre supplice

Et du petit fonctionnaire
Qui devint rouge de colère
Il extirpa vous savez quoi?
Des frustrations et refoulements
Accumulés au fil des ans
Selon l'expression que voilà

Je l'ai dans l'cul, dans l'cul, dans l'cul
Mon patron je l'ai dans l'cul
Ses réunions j'les ai dans l'cul
Sa paperasse je l'ai dans l'cul
Mon travail je l'ai dans l'cul,
Je ne suis qu'un pauvre trou de cul

Clairs de lune

Je t'offre tous les grands soleils
Qui te font monts et merveilles
Mais je garde les clairs de lune
Pour t'aimer ma brune

Je ne crains pas l'insolation
Mais je préfère les rayons
Argentés du clair de lune
Pour t'aimer ma brune

En pleine clarté du jour
Il me semble que c'est toujours
Nos amours aux clairs de lune
Quand on s'aime ma brune

Même sous le coup du midi
La joie en mon cœur resplendit
Tout comme un croissant de lune
Car je t'aime ma brune

Des fois quand ma chandelle est morte
C'est toi qui m'ouvres la porte
C'est toujours « Au clair de la lune »
Quand on s'aime ma brune

C'est toujours « Au clair de la lune »
Quand on s'aime ma brune

Paroles et musique: ©Marc Lebel

lundi 12 février 1990

Ma vieille maîtresse

O ma vieille maîtresse
Des mille et une nuits
Reviens, dénoue tes tresses
Au mitan de mon lit
Redis-nous l'amour et ses mystères
Nous referons le monde et ses chimères
Viens, ma belle maîtresse
Du temps qui va et fuit

Nos amours de jeunesse
N'étaient pas à l'abri
À la moindre détresse
Déjà c'était fini
Tout ce qu'il m'aura fallu de patience
Pour que tu cèdes un jour à ma romance
Tu étais comme caresse
Du vent qui va et fuit


Premiers instants d'ivresse
Premiers sanglots aussi
L'amour fait des promesses
Paroles qui volent et fuient
Mais quand nos pleurs se mêlent à nos «je t'aime»
N'est-ce pas le plus beau des poèmes
"Vous êtes, princesse"
Plus belle que la nuit
Ma vieille maîtresse Paroles et musique: Marc Lebel

Un jour le temps nous presse
Et voilà qu'on oublie
Nos plus tendres tendresses
Nos si ferventes nuits
C'est lorsqu' on doit les vivre au jour le jour
Qu'elles perdent tout leur éclat, nos amours
Ce qu'on croyait richesse
Peu à peu se ternit


Au risque de maladresse
Il faut que ce soit dit
Si j'ai eu des faiblesses
Jamais ne t'ai trahie
Quand d'autres bras ont enlacé mon cou
Mon cœur toujours a su tenir le coup
Ce soir je le confesse
C'est toi ma seule amie

O ma vieille maîtresse
Des mille et une nuits
Reviens, dénoue tes tresses
Au mitan de mon lit
Redis-nous l'amour et ses mystères
Nous referons le monde et ses chimères
Viens, ma belle maîtresse
Du temps qui va et fuit

Paroles et musique: Marc Lebel

Les biscuits

Près d’un hibiscus j’avalais des biscuits
J’avais le rictus d’un amant bien mal pris
J’avais chipé dans la dépense
De son mari, maigre pitance
Les galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

J’ f’rai pas de laïus j’en avais grande envie
D’ailleurs l’angelus sonnait l’heure du midi
Quoi qu’on en dise et qu’on en pense
Elles iraient bien mieux dans ma panse
Les galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

Un grand consensus de toutes mes dents se fit
Fallait mordicus déguster les biscuits
Personn’ ne me cria: Prudence
Je me gavai sans continence
Des galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

La belle Vénus j’ la voyais dans le lit
Dire à son minus sa journée d’aujourd’hui
Sans révéler notre jouissance
Et lui offrir en toute aisance
Des galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

Que Nostradamus devine ce qui suivit
Même Confucius en serait déconfit
Elles contenaient une substance
Pour assouvir quelque vengeance
Les galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

C’était un virus horrible maladie
Qui prend le phallus et qui vous le réduit
Le rend bon à rien pour la bande
Et qui arrive en contrebande
Des galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

Quel fameux rébus c’est moi qui les ai pris(es)
Les cornes d’urus du con mari mépris
Si je connus la défaillance
Je leur dois bien ces quelques stances
Aux galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

© Marc Lebel, 1992. Socan.

dimanche 12 novembre 1989

La Rose au bois

J'ai la peau blanche, je parle français
Dans cette terre d'Amérique, d'Anglais
Un sexe mâle en plein dans le mil
Je verrai peut-être l'an deux mil
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

Refrain

Si c'est là mon chemin 
Je le prendrai
Si c'est ça mon destin
Je le suivrai
Si c'est la seule fin
De ma destinée
Je cueillerai la rose au bois
Sans savoir pourquoi

J'aurais pu être Napoléon
Son aide de camp ou son pion
J'aurais pu être un Juif qui
A fait crucifié Jésus-Christ
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être Aunt Jemimma
Uncle Ben ou quelqu'un comme ça
Mieux, un qui empoisonne les autres
En jouant le bon apôtre
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être une putain
Qui vend son cul travaille des mains
J'aurais pu être un des clients
Ou pire encore, son agent
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être un demi-dieu
Ou Dieu tout court c'est peut-être mieux
J'aurais pu être le Diable lui-même
Et manger sucré au carême
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être François Villon
Anne Sylvestre ou Cendrillon
Vigneault, Rutebeuf, Brassens que sais-je
J'aurais pu être Brel ou Blanche-Neige
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

Marc Lebel

samedi 12 août 1989

Les mille façons d'aimer

Si un quidam
Aime son voisin
Qu'il lui prêt' son auto, sa femme
Même son chien
Il est cocu
Rien de plus
C'est une des mille façon d'aimer

Si un rabin
Aime son Bon Dieu
Qu'il en parle en tout chemin
Mieux, en tout lieu
Il est témoin
Rien de moins
C'est une des mille façon d'aimer

Si une femme
Aim' la propreté
Qu'elle frott' à s'en user l'âme
Et la santé
C'est son dada
Rien contr' ça
C'est une des mille façon d'aimer

Si un ivrogne
Aime l'élixir
Qui rend la bête semblable à l'homme La fait mourrir
C'est son affaire
Rien à faire
C'est une des mille façon d'aimer





Et celle-là
Qui attend dans la rue
Un client pour son repas
Bref, un écu
C'est son boulot
Rien de sot
C'est une des mille façon d'aimer

Tous ceux qui le soir
Quand plus rien ne les pertube
Vont s'installer dans le noir
Et se masturbent
C'est bien normal
Rien de mal
C'est une des mille façon d'aimer

Quant aux parents
Qui s'adonnent sans honte
À la bibitte qui monte
Qui monte, monte
Quand c'est un jeu
Rien de mieux
C'est une des mille façon d'aimer

Coda

Mais peu importe la manière
D'aimer ou non la cantinière
Je réclame fermement
Qu'on abuse pas des enfants




  Marc Lebel    8908

dimanche 12 mars 1989

Chanson pour une mal-aimée (A.T.)

Reviendrez-vous, Princesse des temps qui courent
Rejouer pour moi les jeux interdits
Reviendrez-vous me rechanter les jours
Avec leurs peines, leurs joies et leurs folies

Reviendrez-vous dans le petit matin
Vêtue de soie fraîche comme une fleur
Reviendrez-vous rallumer de vos mains
Cet arc-en-soi aux plus vives couleurs

Belle princesse des temps qui courent
Notre jeunesse hurle à l'amour
Pour nos guitares désaccordées
Il se fait tard je crois rêver
Belle princesse ne tardez pas
Vers vous sans cesse marchent mes pas

Reviendrez-Vous,Princesse des temps qui courent
De vos châteaux que personne ne connaît
Reviendrez-Vous redonner à l'amour
Un sens nouveau et qui ne ment jamais

Reviendrez vous sur un chariot magique
Ou simplement en marchant dans la mer
Reviendrez vous entourée de musique
De mille enfants qui chantent du Prévert

Belle princesse des temps qui courent
Notre détresse pèse trop lourd
Pour nos guitares ankylosées
Il se fait tard je veux rêver
Belle princesse ne tardez pas
Vers vous sans cesse marchent mes pas

Paroles et musique:  Marc Lebel

lundi 12 septembre 1988

Les vieux et toi

À Jean-Claude D., pour ton quarante-cinquième anniversaire

Les vieux
Ils nous emmerdent un peu
Ils sont
Tous devenus trop cons
Ils croient
Qu'après eux il n'y aura
Plus rien
Qui se fasse de bien

Les vieux
Vieillissent à qui mieux mieux
Aigris
Ils gardent un peu de gris
Aux tempes
Que personne ne contemple
Ils jugent:
«Après moi le déluge.»

Les vieux
Solides sur leurs pieux
Voient bien
S'abattre le destin
Des ans
Certains en sont contents
Sur leur
Membre porte-bonheur

Les vieux
Se considèrent naiseux
À tort
Ils le sont plus encor
Plus d'un
Parfaitement à jeun
Avoue:
J'étais meilleur que vous.

Les vieux
Quand le temps est pluvieux
S'en vont
Se perdre à l'horizon
La pluie
Détrempe leur ennui
Discrets
Ils s'en vont en secret

Aveu:
Ce qui sauvent les vieux
Crétins
C'est toi tu le sais bien
Mystêre
Tu restes la vieille affaire
Encor
Mon grand copain d'abord

Paroles et musique: Marc Lebel

vendredi 12 août 1988

L'amante religieuse

Refrain

Sous ses dessus De femme de vertu
Y a ses dessous   Qui disent qu'elle n'en a plus
Avec la bouche    D'une enfant de chœur
Pas Sainte-Nitouche  Elle attise les quœurs

Elle a beau prendre Des allures pieuses
Elle est surtoutUne amante religieuse
Car elle égraine Tout un chapelet d'amants
Et chaque graine Elle la révère goluement


C'est à genoux Quelle prend le cierge en main
Et puis elle vous Lui fait faire le chemin
De croix et quand Arrive la troisième chute
À bout portant Pas un lampion n'a dit «Chut»
Au refrain


Et si trois fois Le lampion est rallumé
Il faudrait pas Penser qu'il est aimé
Car à l'office "Il n'y a aucun ""Je t'aime
Un vrai supplice Elle n'adore que le Saint-crème


Il faut le faire Et ça prend la vocation
Tel ministère N'est pas récréation
J'en ai parlé À son orthodontiste
Il m'a confié Bien aimer les flutistes

Au refrain


Étant petite Faut croire qu'elle a compris
Que les otites Sont une sale maladie
Et qu'à tout prendre Il vaut mieux tourner
Sept fois sa langue Sur le chandelier


Il s'agit là D'une grave perversion
Oui mais pour la- Quelle je demande rémission
C'est pas donné Comme à la pécheresse
De communier Ainsi sous les trois espèces
Au refrain


Je trouve guindés Tous les soixantehuitards
J'eusse souhaité Qu'ils vinssent un an plus tard
Car pour virer Le monde sans dessus dessous
Faut-il penser Le prendre par le bon bout

Au refrain

"Marc Lebel, Août 88"

Gare au mariage

Tout un chacun de nous a connu
Ces individus
Des Roger-Bon temps des Jeannes qui rient
Pétant de vie
Puis un jour au détour
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui leur joue des tours

Refrain

Je le dis sans ambage	
Gare au mariage	
Et je le dis sans gène	
Il est cancérigène

Il y a parmi nous bien de ces unions
Traits d'unions
Où l'on se déchire l'âme et le cœur
Pauvre bonheur
Car un jour le vautour
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours


Où s'en sont allé tous nos Je t'aime?
Quel problème!
Tous nos jours de joie tous nos jours de fête?
Quel casse-tête!
Car un jour tour à tour
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui leur joue des tours


Puis on reste là, sans joie sans tristesse
Sans caresses
Jours bleus de soleil, jours gris d'orage
On fait rage
Car un jour sans secours
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours



On file pas bien, on file pas mal
Mais le mal
Pendant que la vie continue
S'insinue
Puis un jour sans recours
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours

On joue alors le jeu pour le jeu
C'est l'enjeu
On fait la tournée des thérapies
Mal en pis
C'est le compte à rebours
De l'amour
Et l'amour, et l'amour
Il nous joue des tours


Médecine d'âme, médecine de corps
Corps à corps
Font match nul, y a pas de vainqueur
Pour le cœur
Et c'est là mon discours
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours

Marc Lebel, Août 88

Félix

Refrain

Toi le chantre de l'ile	
Dont la voix raugue et tranquille	
S'est tue par un matin d'août	
Vis-tu des moments plus doux	
As-tu élu domicile	
Chez la patrone Cécile	
Au bleu du ciel	
S' répandent-elles 	
Peu ou prou	
Tes histoires de loup-garou

Ici, l'ile d'Orléans
A bien vieilli de cent ans
Quand tu as fait le grand bond
Sans jouer le moribon
Ici, l'ile d'Orléans
Pleura comme l'océan
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Pourrait-il la consoler un peu

Ici, le Saint-Laurent
N'est pas encore différent
Y a toujours sa marée
Et son odeur de purée
Ici, le Saint-Laurent
N'est pas encore transparent
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Pourrait-il le nettoyer un peu


Ici, le Québec français
N'est pas comme tu le souhaitais
C'est une question de marketing
On a pas plus le timing
Ici, le Québec français
Demeure à l'imparfait
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Qu'il conjugue avec toi un peu

Ici, le plaisir d'autrui
Demeure ce que t'as écrit
Et le plaisir de l'autre
C'est de faire le bon apôtre
Ici, le plaisir d'autrui
Ne vient pas de la patrie
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Qu'il nous refleurdelyse un peu


Ici, les rêves invendus
Sont autant d'illusions perdues
Mais les vendeurs de rêves
N'ont pas encore fait la grève
Ici, tes rêves invendus
Feront des sceptiques confondus
Car maintenant que tu es près de Dieu
Il pourra t'en acheter un peu
Car maintenant que tu es près de Dieu
Il pourra bien rêver un peu

Marc Lebel

C'est un S.O.S.

Refrain
Par un matin d’automne Ou un soir de printemps
Toujours ça nous étonne Mais un jour vient le temps
Où l’on ne bande plus C’est l’amour en détresse
Le Zizi n’répond plus Lançons un S.O.S.

Ah! Si j’étais ailleurs Je perdrais toutes mes peurs
Dans un autre décor Je banderais encor’
Paris, Nice, Agadir Pourraient m’ragaillardir
Hélas je reste là Et je ne bande pas

Ah! Si j’étais moins vieux Je serais plus vigoureux
Du temps de ma jeunesse J’en ai connu des fesses
Sylvie, Louise ou Lison D’autres dont j’oublie le nom
Si je m’en souvenais Peut-être je banderais

Ah! C’est toujours sur moi Que tombent tous les toits
Celui-là en est un Vraiment bien importun
Et rendu à ce stade On fait bien des boutades
Hélas on ne les rie pas Quand il s’agit de soi

Ah! C’est le mal du siècle C’est l’infamie secrète
Une telle turpitude Mène à la solitude
Pour jouir d’un membre mou Faut-il s’appeler Vishnou
Hélas j’ne suis pas dieu Et je bande si peu

Avec ma clarinette Joie de tant de fillettes
Je vais de là de cà Si papa savait ça
Car j’ai perdu le Do, La Do Ré Fa Do Do
Hélas elle ne joue plus Et je ne bande plus

Y a-t-il question finale Un médecin dans la salle
Qui puisse avec science Me rendre ma puissance
À celui-là pardi À celui-là je dis
Qu’il est une promesse Ma verge entre ses fesses

© Marc Lebel, 1992. Socan.

À Frédéric

Refrain
Tu as douze ans et doucement tu quittes l'enfance
Tu as douze ans vient maintenant ton adolescence
Tu as douze ans tu es beau mon grand, mon espérance

Voici venir pour toi
La vraie vie devant soi
Et l'aventure
Prends-la à pleines mains
Sans penser à demain
Sans dire «Je jure»

Que jamais ne t'arrête
Ni homme, ni femme, ni prêtre
Ni même dieu
T'as ton chemin à faire
Vas-y et sans barrière
Fais de ton mieux

Fais tout ce qui te plaît
Qu'il soit avril ou mai
Octobre qu'importe
Car en toutes saisons
Tu peux trouver bourgeons
Aux feuilles mortes

La terre que je te laisse
Est peut-être en détresse
Et misérable
Il reste aussi des heures
De soleil de bonheur
Plante des arbres

Respecte la nature
Si grande, belle et dure
Parfois vilaine
Dans la vie et la mort
Y a les copains d'abord
Nature humaine

Si je te dis tout ça
Ne porte pas sur toi
Tous mes vieux rêves
Même s'ils étaient déçus,
Même s'ils étaient fichus
Eh bien qu'ils crèvent

Paroles et musique: Marc Lebel

jeudi 12 janvier 1984

La femme à moustache

C'est la femme à moustache
Celle qui a un grain
De beauté, là, sur la joue, hou, hou, hou

Elle se farde de gouache
Tableau contemporain
Surmontée de gros bijoux hou, hou, hou

Apperc'vant ce panache
Oh, oh, je me dis: « Tiens, tiens
Quel trophée, quel caribou! hou, hou, hou

Cache vite ta hache
De guerre non indien
Aux beautés du Manitou hou, hou, hou »

Je fonce et je me crache
Un peu dans les deux mains
Décidé d'aller au bout hou, hou, hou

Paroles et musique ©Marc Lebel

mercredi 12 octobre 1983

Les goélettes

Vous dormez en silence vieilles voitures d'eau
Le temps vous a lavées on tire le rideau
Vous dormez maintenant le spectacle est fini
On vous a délaissées, on vous a dégarnies

Belles goélettes du Saint-Laurent

Vous sortiez des chantiers fraiches comme des filles
Grandes, belles, fortes, des mats jusqu'à la quille
Vous sortiez au gros temps et les hommes du bord
Ne comptaient que sur vous pour rentrer à bon port

Belles goélettes du Saint-Laurent

Vous souvient-il encor de vos nombreux voyages
Du temps de la pitoune, du temps du cabotage
Vous souvient-il toujours de ces marées d'automne
De ces vents de nordet quand le fleuve moutonne

Belles goélettes du Saint-Laurent

Combien de vous trop tôt se frolèrent à la mort
"""Attention récifs! Au feu! Prends garde à babord!"""
Combien de vous reposent hélas dans le grand lit
Du fleuve qui un jour de tempête s'ouvrit

Belles goélettes du Saint-Laurent

Et vous voilà couchées sur le bord des battures
Vous dormez en silence quand finit l'aventure
Et vous voilà en paix le temps est le vainqueur
Vous dormez maintenant sur la grève de mon cœur

Belles goélettes du Saint-Laurent

Marc Lebel Octobre 1983

mercredi 12 mai 1982

Hirondelles

Hirondelles printannières
Vous revenez, vous revenez
Sont exaucées mes prières
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles blanches et brunes
Vous revenez, vous revenez
Chanter sous mes clairs de lune
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles de voltige
Vous revenez, vous revenez
Me redonner le vertige
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles aux nids propices
Vous revenez, vous revenez
Ailes battantes et complices
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles passagères
Vous revenez, vous revenez
N’allez pas croire que j’exagère
Je reste ici toute l’année

10 mai 82

lundi 12 avril 1982

La mandoline et le petit violon

Sur ton ventre de mandoline
Alors que je posais la main
J’entendais comme en sourdine
Le petit violon de demain

Refrain:
Petit violon d’où viens-tu
Petit violon qui es-tu
Petit violon où vas-tu
On t’aime, le sais-tu

Parfois tu me disais : « Regarde »
Il te donnait des coups d’archet
Car sa musique par mégarde
Te décrochait des ricochets

Un jour tu dis : « Mon dieu qu’il bouge »
Comme si deux cents musiciens
Et tout le Chœur de l’armée Rouge
Fêtaient le muguet qui revient

Tu le nourrissais de musique
Comme il devait aimer ta voix
Suivant tes accents mélodiques
Berçant la mesure avec toi

Deux fois tu te fis mandoline
Deux petits violons nous sont venus
La musique de l’un nous fascine
Mais l’autre hélas ne joue plus

© Marc Lebel, 1992. Socan.

mardi 12 janvier 1982

La statue

À mon père cet homme droit et solide comme sa canne…
Dommage qu’il ne fut mon soutien.

1.
Il était droit
Comme une statue
Il était froid
Comme une statue

Jamais son pain n’a goûté la tendresse
Jamais sa main n’a donné de caresses

Et pourtant, c’aurait été bon
De sentir sa main d’homme dans mes cheveux blonds
Et pourtant, c’aurait été bien
De sentir que mon père était du genre humain

2.
Il était droit
Comme une statue
Il était froid
Comme une statue

Jamais une larme pendue à la paupière
Devant les dames toujours l’allure fière

Et pourtant, c’aurait été bon
Qu’il me dise : « Dans mes bras, mon petit, et pleurons. »
Et pourtant, c’aurait été bien
Qu’on partage quelquefois le même chagrin



3.
Il était droit
Comme une statue
Il était froid
Comme une statue

Jamais Bacchus lui fit faire un faux pas
Jamais Vénus lui fit défaire ses draps

Et pourtant, c’aurait été bon
De picoler ensemble le jus du vigneron
Et pourtant, c’aurait été bien
Qu’il m’instruise parfois du galbe des seins

4.
Il est toujours droit
Comme une statue
Il est toujours froid
Comme une statue

Jamais mon cœur ne s’est ouvert à lui
J’ai tant chercher cette lueur dans ma nuit

Et pourtant, ce serait si bon
De compter sur lui comme un vieux compagnon
Et pourtant, ce serait si bien
De savoir qu’on a tous le même chemin

5.
Il sera froid
Comme une statue
Il méritera
Sûrement sa statue

Je lis déjà ce qu’il y aura dessus
« Il est mort, il est mort comme il a vécu. »

Et pourtant, ce serait si bon
Qu’il vive de cœur plus que de raison
Et pourtant, ce serait si bien
Qu’il naisse à l’amour avant son dernier train

M.L. Janvier 82

jeudi 12 novembre 1981

Berceuse pour Fred.

Mon grand garçon
Je sais t’es tout seul
En haut
Et que t’as un peu peur

Mais mon ami
Laisses-moi te dire
Un mot
T’es tout seul dans mon cœur

T’es mon amour
Tu sais que je t’aime
Ben gros
Et que t’es mon meilleur

Je t’aime quand tu chantes
Quand tu ris, que tu
Es beau
Et aussi quand tu pleures

Quand t'as de la peine
Mais moi aussi j’ai le
Cœur gros
De voir ainsi tes pleurs

Je t’aime beaucoup
Comme Francine comme
Blaireau
Et je te dis n’ai pas peur

Fais ton dodo
Même si t’es tout seul
En haut
Je t’aime gros dans mon cœur

dimanche 1 avril 1979

Le solitaire

Moi je fais partie du syndicat des solitaires
Et comme un seul homme je fais mon assemblée
Je suis mon président, je suis mon secrétaire
Et c'est moi le quorum : ça va d'emblée

Refrain

Pas besoin de groupuscule à l'heure où je copule
Pas besoin de comité pour me curer le nez
Pas besoin de la tribu pour me torcher le cul
Pas besoin de réunion je garde mes morpions
Paroles et musique : ©Marc Lebel

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mercredi 12 janvier 1972

La petite Bastille

Et sur la ville
Les temps tranquilles
Sont arrivés enfin
Durant l’été tout ira bien
Se dit le maire de la ville
Vive alors
La petite Bastille!

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mardi 12 janvier 1971

Vous êtes pas tannés

Vous êtes pas tannés de crever
Sans savoir pourquoi
Vous êtes pas tannés de crever
Sans avoir la foi

Y en a qui crèvent tous les jours
Sans avoir d’amis
Y en a qui crèvent tous les jours
Sans avoir compris

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jeudi 12 novembre 1970

Les éléphants

Des éléphants
Qui chaque soir
Font pipi au lit
Des petits chiens blancs
Sur le trottoir
Sans parapluie

On ne peut pas toujours avoir
Autant de noisettes
Que l’on voudrait en avoir
Aux branches des épinettes

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Camarade

Tu es parti loin
Vers des pays
Inexistants
Pour trouver plus loin
Le goût de vivre
Et du printemps

Et c’est peut-être ainsi
Camarade
Et c’est peut-être ainsi
Que tu déchiffreras
La charade
Que peut être la vie

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Ambition

J’ai pas envie de devenir un ministre
J’ai pas envie,
C’est un job trop sinistre
Moi j’ai envie de devenir député
Moi j’ai envie d’être aimé dans mon comté

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lundi 12 octobre 1970

Les balounes

On s’achète
De la gomme à mâcher pour faire des balounes
On s’achète
De la grosse bière, de la p’tite bière pour prendre une baloune

Société de consommation
Société quand tu nous tiens
Société de sommation
Société quand tu fous rien

Des hirondelles en plastique
Et des amants synthétiques
Des éléphants en mastic
Et des grosses villes pleines de flics

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La pluie

La pluie qui tombe jusqu’à la terre
Mouille mon cœur à l’envers
La pluie qui tombe jusqu’en bas
S’accroche à moé comme des trémas

J’aimerais mieux des traits d’union
Mais les unions c’est défendu
Défendu quand on est trop con
Quand on n’est pas des parvenus

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samedi 12 septembre 1970

Avez-vous vu passer une colombe

Avez-vous vu passer une colombe
Avez-vous vu passer la liberté
L’avez-vous passer dans la pénombre
L’avez-vous passer sans s’arrêter
Elle s’envole
Elle s’en va

Nous
Nous attendrons
Nous attendrons
Que les enfants recommencent à jouer
Nous
Nous attendrons
Nous attendrons
Que les amants recommencent à s’aimer
Nous
Nous attendrons
Nous attendrons
Que la dernière trompette ait sonné

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