Marc Lebel

"Les Te Deum d'un enfant de coeur"

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lundi 12 février 1990

Les biscuits

Près d’un hibiscus j’avalais des biscuits
J’avais le rictus d’un amant bien mal pris
J’avais chipé dans la dépense
De son mari, maigre pitance
Les galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

J’ f’rai pas de laïus j’en avais grande envie
D’ailleurs l’angelus sonnait l’heure du midi
Quoi qu’on en dise et qu’on en pense
Elles iraient bien mieux dans ma panse
Les galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

Un grand consensus de toutes mes dents se fit
Fallait mordicus déguster les biscuits
Personn’ ne me cria: Prudence
Je me gavai sans continence
Des galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

La belle Vénus j’ la voyais dans le lit
Dire à son minus sa journée d’aujourd’hui
Sans révéler notre jouissance
Et lui offrir en toute aisance
Des galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

Que Nostradamus devine ce qui suivit
Même Confucius en serait déconfit
Elles contenaient une substance
Pour assouvir quelque vengeance
Les galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

C’était un virus horrible maladie
Qui prend le phallus et qui vous le réduit
Le rend bon à rien pour la bande
Et qui arrive en contrebande
Des galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

Quel fameux rébus c’est moi qui les ai pris(es)
Les cornes d’urus du con mari mépris
Si je connus la défaillance
Je leur dois bien ces quelques stances
Aux galettes d’amour qu’elle avait faites pour lui (Bis)

© Marc Lebel, 1992. Socan.

dimanche 12 novembre 1989

La Rose au bois

J'ai la peau blanche, je parle français
Dans cette terre d'Amérique, d'Anglais
Un sexe mâle en plein dans le mil
Je verrai peut-être l'an deux mil
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

Refrain

Si c'est là mon chemin 
Je le prendrai
Si c'est ça mon destin
Je le suivrai
Si c'est la seule fin
De ma destinée
Je cueillerai la rose au bois
Sans savoir pourquoi

J'aurais pu être Napoléon
Son aide de camp ou son pion
J'aurais pu être un Juif qui
A fait crucifié Jésus-Christ
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être Aunt Jemimma
Uncle Ben ou quelqu'un comme ça
Mieux, un qui empoisonne les autres
En jouant le bon apôtre
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être une putain
Qui vend son cul travaille des mains
J'aurais pu être un des clients
Ou pire encore, son agent
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être un demi-dieu
Ou Dieu tout court c'est peut-être mieux
J'aurais pu être le Diable lui-même
Et manger sucré au carême
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

J'aurais pu être François Villon
Anne Sylvestre ou Cendrillon
Vigneault, Rutebeuf, Brassens que sais-je
J'aurais pu être Brel ou Blanche-Neige
Tout ça, tout ça, mais je ne suis... que moi

Marc Lebel

samedi 12 août 1989

Les mille façons d'aimer

Si un quidam
Aime son voisin
Qu'il lui prêt' son auto, sa femme
Même son chien
Il est cocu
Rien de plus
C'est une des mille façon d'aimer

Si un rabin
Aime son Bon Dieu
Qu'il en parle en tout chemin
Mieux, en tout lieu
Il est témoin
Rien de moins
C'est une des mille façon d'aimer

Si une femme
Aim' la propreté
Qu'elle frott' à s'en user l'âme
Et la santé
C'est son dada
Rien contr' ça
C'est une des mille façon d'aimer

Si un ivrogne
Aime l'élixir
Qui rend la bête semblable à l'homme La fait mourrir
C'est son affaire
Rien à faire
C'est une des mille façon d'aimer





Et celle-là
Qui attend dans la rue
Un client pour son repas
Bref, un écu
C'est son boulot
Rien de sot
C'est une des mille façon d'aimer

Tous ceux qui le soir
Quand plus rien ne les pertube
Vont s'installer dans le noir
Et se masturbent
C'est bien normal
Rien de mal
C'est une des mille façon d'aimer

Quant aux parents
Qui s'adonnent sans honte
À la bibitte qui monte
Qui monte, monte
Quand c'est un jeu
Rien de mieux
C'est une des mille façon d'aimer

Coda

Mais peu importe la manière
D'aimer ou non la cantinière
Je réclame fermement
Qu'on abuse pas des enfants




  Marc Lebel    8908

dimanche 12 mars 1989

Chanson pour une mal-aimée (A.T.)

Reviendrez-vous, Princesse des temps qui courent
Rejouer pour moi les jeux interdits
Reviendrez-vous me rechanter les jours
Avec leurs peines, leurs joies et leurs folies

Reviendrez-vous dans le petit matin
Vêtue de soie fraîche comme une fleur
Reviendrez-vous rallumer de vos mains
Cet arc-en-soi aux plus vives couleurs

Belle princesse des temps qui courent
Notre jeunesse hurle à l'amour
Pour nos guitares désaccordées
Il se fait tard je crois rêver
Belle princesse ne tardez pas
Vers vous sans cesse marchent mes pas

Reviendrez-Vous,Princesse des temps qui courent
De vos châteaux que personne ne connaît
Reviendrez-Vous redonner à l'amour
Un sens nouveau et qui ne ment jamais

Reviendrez vous sur un chariot magique
Ou simplement en marchant dans la mer
Reviendrez vous entourée de musique
De mille enfants qui chantent du Prévert

Belle princesse des temps qui courent
Notre détresse pèse trop lourd
Pour nos guitares ankylosées
Il se fait tard je veux rêver
Belle princesse ne tardez pas
Vers vous sans cesse marchent mes pas

Paroles et musique:  Marc Lebel

lundi 12 septembre 1988

Les vieux et toi

À Jean-Claude D., pour ton quarante-cinquième anniversaire

Les vieux
Ils nous emmerdent un peu
Ils sont
Tous devenus trop cons
Ils croient
Qu'après eux il n'y aura
Plus rien
Qui se fasse de bien

Les vieux
Vieillissent à qui mieux mieux
Aigris
Ils gardent un peu de gris
Aux tempes
Que personne ne contemple
Ils jugent:
«Après moi le déluge.»

Les vieux
Solides sur leurs pieux
Voient bien
S'abattre le destin
Des ans
Certains en sont contents
Sur leur
Membre porte-bonheur

Les vieux
Se considèrent naiseux
À tort
Ils le sont plus encor
Plus d'un
Parfaitement à jeun
Avoue:
J'étais meilleur que vous.

Les vieux
Quand le temps est pluvieux
S'en vont
Se perdre à l'horizon
La pluie
Détrempe leur ennui
Discrets
Ils s'en vont en secret

Aveu:
Ce qui sauvent les vieux
Crétins
C'est toi tu le sais bien
Mystêre
Tu restes la vieille affaire
Encor
Mon grand copain d'abord

Paroles et musique: Marc Lebel

vendredi 12 août 1988

L'amante religieuse

Refrain

Sous ses dessus De femme de vertu
Y a ses dessous   Qui disent qu'elle n'en a plus
Avec la bouche    D'une enfant de chœur
Pas Sainte-Nitouche  Elle attise les quœurs

Elle a beau prendre Des allures pieuses
Elle est surtoutUne amante religieuse
Car elle égraine Tout un chapelet d'amants
Et chaque graine Elle la révère goluement


C'est à genoux Quelle prend le cierge en main
Et puis elle vous Lui fait faire le chemin
De croix et quand Arrive la troisième chute
À bout portant Pas un lampion n'a dit «Chut»
Au refrain


Et si trois fois Le lampion est rallumé
Il faudrait pas Penser qu'il est aimé
Car à l'office "Il n'y a aucun ""Je t'aime
Un vrai supplice Elle n'adore que le Saint-crème


Il faut le faire Et ça prend la vocation
Tel ministère N'est pas récréation
J'en ai parlé À son orthodontiste
Il m'a confié Bien aimer les flutistes

Au refrain


Étant petite Faut croire qu'elle a compris
Que les otites Sont une sale maladie
Et qu'à tout prendre Il vaut mieux tourner
Sept fois sa langue Sur le chandelier


Il s'agit là D'une grave perversion
Oui mais pour la- Quelle je demande rémission
C'est pas donné Comme à la pécheresse
De communier Ainsi sous les trois espèces
Au refrain


Je trouve guindés Tous les soixantehuitards
J'eusse souhaité Qu'ils vinssent un an plus tard
Car pour virer Le monde sans dessus dessous
Faut-il penser Le prendre par le bon bout

Au refrain

"Marc Lebel, Août 88"

Gare au mariage

Tout un chacun de nous a connu
Ces individus
Des Roger-Bon temps des Jeannes qui rient
Pétant de vie
Puis un jour au détour
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui leur joue des tours

Refrain

Je le dis sans ambage	
Gare au mariage	
Et je le dis sans gène	
Il est cancérigène

Il y a parmi nous bien de ces unions
Traits d'unions
Où l'on se déchire l'âme et le cœur
Pauvre bonheur
Car un jour le vautour
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours


Où s'en sont allé tous nos Je t'aime?
Quel problème!
Tous nos jours de joie tous nos jours de fête?
Quel casse-tête!
Car un jour tour à tour
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui leur joue des tours


Puis on reste là, sans joie sans tristesse
Sans caresses
Jours bleus de soleil, jours gris d'orage
On fait rage
Car un jour sans secours
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours



On file pas bien, on file pas mal
Mais le mal
Pendant que la vie continue
S'insinue
Puis un jour sans recours
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours

On joue alors le jeu pour le jeu
C'est l'enjeu
On fait la tournée des thérapies
Mal en pis
C'est le compte à rebours
De l'amour
Et l'amour, et l'amour
Il nous joue des tours


Médecine d'âme, médecine de corps
Corps à corps
Font match nul, y a pas de vainqueur
Pour le cœur
Et c'est là mon discours
C'est l'amour
C'est l'amour, c'est l'amour
Qui nous joue des tours

Marc Lebel, Août 88

Félix

Refrain

Toi le chantre de l'ile	
Dont la voix raugue et tranquille	
S'est tue par un matin d'août	
Vis-tu des moments plus doux	
As-tu élu domicile	
Chez la patrone Cécile	
Au bleu du ciel	
S' répandent-elles 	
Peu ou prou	
Tes histoires de loup-garou

Ici, l'ile d'Orléans
A bien vieilli de cent ans
Quand tu as fait le grand bond
Sans jouer le moribon
Ici, l'ile d'Orléans
Pleura comme l'océan
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Pourrait-il la consoler un peu

Ici, le Saint-Laurent
N'est pas encore différent
Y a toujours sa marée
Et son odeur de purée
Ici, le Saint-Laurent
N'est pas encore transparent
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Pourrait-il le nettoyer un peu


Ici, le Québec français
N'est pas comme tu le souhaitais
C'est une question de marketing
On a pas plus le timing
Ici, le Québec français
Demeure à l'imparfait
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Qu'il conjugue avec toi un peu

Ici, le plaisir d'autrui
Demeure ce que t'as écrit
Et le plaisir de l'autre
C'est de faire le bon apôtre
Ici, le plaisir d'autrui
Ne vient pas de la patrie
Mais maintenant que tu es près de Dieu
Qu'il nous refleurdelyse un peu


Ici, les rêves invendus
Sont autant d'illusions perdues
Mais les vendeurs de rêves
N'ont pas encore fait la grève
Ici, tes rêves invendus
Feront des sceptiques confondus
Car maintenant que tu es près de Dieu
Il pourra t'en acheter un peu
Car maintenant que tu es près de Dieu
Il pourra bien rêver un peu

Marc Lebel

C'est un S.O.S.

Refrain
Par un matin d’automne Ou un soir de printemps
Toujours ça nous étonne Mais un jour vient le temps
Où l’on ne bande plus C’est l’amour en détresse
Le Zizi n’répond plus Lançons un S.O.S.

Ah! Si j’étais ailleurs Je perdrais toutes mes peurs
Dans un autre décor Je banderais encor’
Paris, Nice, Agadir Pourraient m’ragaillardir
Hélas je reste là Et je ne bande pas

Ah! Si j’étais moins vieux Je serais plus vigoureux
Du temps de ma jeunesse J’en ai connu des fesses
Sylvie, Louise ou Lison D’autres dont j’oublie le nom
Si je m’en souvenais Peut-être je banderais

Ah! C’est toujours sur moi Que tombent tous les toits
Celui-là en est un Vraiment bien importun
Et rendu à ce stade On fait bien des boutades
Hélas on ne les rie pas Quand il s’agit de soi

Ah! C’est le mal du siècle C’est l’infamie secrète
Une telle turpitude Mène à la solitude
Pour jouir d’un membre mou Faut-il s’appeler Vishnou
Hélas j’ne suis pas dieu Et je bande si peu

Avec ma clarinette Joie de tant de fillettes
Je vais de là de cà Si papa savait ça
Car j’ai perdu le Do, La Do Ré Fa Do Do
Hélas elle ne joue plus Et je ne bande plus

Y a-t-il question finale Un médecin dans la salle
Qui puisse avec science Me rendre ma puissance
À celui-là pardi À celui-là je dis
Qu’il est une promesse Ma verge entre ses fesses

© Marc Lebel, 1992. Socan.

À Frédéric

Refrain
Tu as douze ans et doucement tu quittes l'enfance
Tu as douze ans vient maintenant ton adolescence
Tu as douze ans tu es beau mon grand, mon espérance

Voici venir pour toi
La vraie vie devant soi
Et l'aventure
Prends-la à pleines mains
Sans penser à demain
Sans dire «Je jure»

Que jamais ne t'arrête
Ni homme, ni femme, ni prêtre
Ni même dieu
T'as ton chemin à faire
Vas-y et sans barrière
Fais de ton mieux

Fais tout ce qui te plaît
Qu'il soit avril ou mai
Octobre qu'importe
Car en toutes saisons
Tu peux trouver bourgeons
Aux feuilles mortes

La terre que je te laisse
Est peut-être en détresse
Et misérable
Il reste aussi des heures
De soleil de bonheur
Plante des arbres

Respecte la nature
Si grande, belle et dure
Parfois vilaine
Dans la vie et la mort
Y a les copains d'abord
Nature humaine

Si je te dis tout ça
Ne porte pas sur toi
Tous mes vieux rêves
Même s'ils étaient déçus,
Même s'ils étaient fichus
Eh bien qu'ils crèvent

Paroles et musique: Marc Lebel

jeudi 13 décembre 1984

La lettre de Jacques Cartier

En 1984, la Société Radio-Canada lance le concours de la Lettre de Jacques Cartier. Il s'agit d'imaginer la lettre que Cartier aurait écrite après s'être simplement réveillé d'un long sommeil, à Blanc-Salon, où il aurait été pris par les glaces à sur son chemin de retour.

Voici la lettre que j'avais soumise et qui fut proclamée gagnante pour la Région de Québec et CBV.

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jeudi 12 janvier 1984

La femme à moustache

C'est la femme à moustache
Celle qui a un grain
De beauté, là, sur la joue, hou, hou, hou

Elle se farde de gouache
Tableau contemporain
Surmontée de gros bijoux hou, hou, hou

Apperc'vant ce panache
Oh, oh, je me dis: « Tiens, tiens
Quel trophée, quel caribou! hou, hou, hou

Cache vite ta hache
De guerre non indien
Aux beautés du Manitou hou, hou, hou »

Je fonce et je me crache
Un peu dans les deux mains
Décidé d'aller au bout hou, hou, hou

Paroles et musique ©Marc Lebel

mercredi 12 octobre 1983

Les goélettes

Vous dormez en silence vieilles voitures d'eau
Le temps vous a lavées on tire le rideau
Vous dormez maintenant le spectacle est fini
On vous a délaissées, on vous a dégarnies

Belles goélettes du Saint-Laurent

Vous sortiez des chantiers fraiches comme des filles
Grandes, belles, fortes, des mats jusqu'à la quille
Vous sortiez au gros temps et les hommes du bord
Ne comptaient que sur vous pour rentrer à bon port

Belles goélettes du Saint-Laurent

Vous souvient-il encor de vos nombreux voyages
Du temps de la pitoune, du temps du cabotage
Vous souvient-il toujours de ces marées d'automne
De ces vents de nordet quand le fleuve moutonne

Belles goélettes du Saint-Laurent

Combien de vous trop tôt se frolèrent à la mort
"""Attention récifs! Au feu! Prends garde à babord!"""
Combien de vous reposent hélas dans le grand lit
Du fleuve qui un jour de tempête s'ouvrit

Belles goélettes du Saint-Laurent

Et vous voilà couchées sur le bord des battures
Vous dormez en silence quand finit l'aventure
Et vous voilà en paix le temps est le vainqueur
Vous dormez maintenant sur la grève de mon cœur

Belles goélettes du Saint-Laurent

Marc Lebel Octobre 1983

mercredi 12 mai 1982

Hirondelles

Hirondelles printannières
Vous revenez, vous revenez
Sont exaucées mes prières
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles blanches et brunes
Vous revenez, vous revenez
Chanter sous mes clairs de lune
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles de voltige
Vous revenez, vous revenez
Me redonner le vertige
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles aux nids propices
Vous revenez, vous revenez
Ailes battantes et complices
Vous revenez au mois de mai

Hirondelles passagères
Vous revenez, vous revenez
N’allez pas croire que j’exagère
Je reste ici toute l’année

10 mai 82

lundi 12 avril 1982

La mandoline et le petit violon

Sur ton ventre de mandoline
Alors que je posais la main
J’entendais comme en sourdine
Le petit violon de demain

Refrain:
Petit violon d’où viens-tu
Petit violon qui es-tu
Petit violon où vas-tu
On t’aime, le sais-tu

Parfois tu me disais : « Regarde »
Il te donnait des coups d’archet
Car sa musique par mégarde
Te décrochait des ricochets

Un jour tu dis : « Mon dieu qu’il bouge »
Comme si deux cents musiciens
Et tout le Chœur de l’armée Rouge
Fêtaient le muguet qui revient

Tu le nourrissais de musique
Comme il devait aimer ta voix
Suivant tes accents mélodiques
Berçant la mesure avec toi

Deux fois tu te fis mandoline
Deux petits violons nous sont venus
La musique de l’un nous fascine
Mais l’autre hélas ne joue plus

© Marc Lebel, 1992. Socan.

mardi 12 janvier 1982

La statue

À mon père cet homme droit et solide comme sa canne…
Dommage qu’il ne fut mon soutien.

1.
Il était droit
Comme une statue
Il était froid
Comme une statue

Jamais son pain n’a goûté la tendresse
Jamais sa main n’a donné de caresses

Et pourtant, c’aurait été bon
De sentir sa main d’homme dans mes cheveux blonds
Et pourtant, c’aurait été bien
De sentir que mon père était du genre humain

2.
Il était droit
Comme une statue
Il était froid
Comme une statue

Jamais une larme pendue à la paupière
Devant les dames toujours l’allure fière

Et pourtant, c’aurait été bon
Qu’il me dise : « Dans mes bras, mon petit, et pleurons. »
Et pourtant, c’aurait été bien
Qu’on partage quelquefois le même chagrin



3.
Il était droit
Comme une statue
Il était froid
Comme une statue

Jamais Bacchus lui fit faire un faux pas
Jamais Vénus lui fit défaire ses draps

Et pourtant, c’aurait été bon
De picoler ensemble le jus du vigneron
Et pourtant, c’aurait été bien
Qu’il m’instruise parfois du galbe des seins

4.
Il est toujours droit
Comme une statue
Il est toujours froid
Comme une statue

Jamais mon cœur ne s’est ouvert à lui
J’ai tant chercher cette lueur dans ma nuit

Et pourtant, ce serait si bon
De compter sur lui comme un vieux compagnon
Et pourtant, ce serait si bien
De savoir qu’on a tous le même chemin

5.
Il sera froid
Comme une statue
Il méritera
Sûrement sa statue

Je lis déjà ce qu’il y aura dessus
« Il est mort, il est mort comme il a vécu. »

Et pourtant, ce serait si bon
Qu’il vive de cœur plus que de raison
Et pourtant, ce serait si bien
Qu’il naisse à l’amour avant son dernier train

M.L. Janvier 82

jeudi 12 novembre 1981

Berceuse pour Fred.

Mon grand garçon
Je sais t’es tout seul
En haut
Et que t’as un peu peur

Mais mon ami
Laisses-moi te dire
Un mot
T’es tout seul dans mon cœur

T’es mon amour
Tu sais que je t’aime
Ben gros
Et que t’es mon meilleur

Je t’aime quand tu chantes
Quand tu ris, que tu
Es beau
Et aussi quand tu pleures

Quand t'as de la peine
Mais moi aussi j’ai le
Cœur gros
De voir ainsi tes pleurs

Je t’aime beaucoup
Comme Francine comme
Blaireau
Et je te dis n’ai pas peur

Fais ton dodo
Même si t’es tout seul
En haut
Je t’aime gros dans mon cœur

dimanche 1 avril 1979

Le solitaire

Moi je fais partie du syndicat des solitaires
Et comme un seul homme je fais mon assemblée
Je suis mon président, je suis mon secrétaire
Et c'est moi le quorum : ça va d'emblée

Refrain

Pas besoin de groupuscule à l'heure où je copule
Pas besoin de comité pour me curer le nez
Pas besoin de la tribu pour me torcher le cul
Pas besoin de réunion je garde mes morpions
Paroles et musique : ©Marc Lebel

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mercredi 12 janvier 1972

La petite Bastille

Et sur la ville
Les temps tranquilles
Sont arrivés enfin
Durant l’été tout ira bien
Se dit le maire de la ville
Vive alors
La petite Bastille!

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mardi 12 janvier 1971

Vous êtes pas tannés

Vous êtes pas tannés de crever
Sans savoir pourquoi
Vous êtes pas tannés de crever
Sans avoir la foi

Y en a qui crèvent tous les jours
Sans avoir d’amis
Y en a qui crèvent tous les jours
Sans avoir compris

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jeudi 12 novembre 1970

Les éléphants

Des éléphants
Qui chaque soir
Font pipi au lit
Des petits chiens blancs
Sur le trottoir
Sans parapluie

On ne peut pas toujours avoir
Autant de noisettes
Que l’on voudrait en avoir
Aux branches des épinettes

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Camarade

Tu es parti loin
Vers des pays
Inexistants
Pour trouver plus loin
Le goût de vivre
Et du printemps

Et c’est peut-être ainsi
Camarade
Et c’est peut-être ainsi
Que tu déchiffreras
La charade
Que peut être la vie

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Ambition

J’ai pas envie de devenir un ministre
J’ai pas envie,
C’est un job trop sinistre
Moi j’ai envie de devenir député
Moi j’ai envie d’être aimé dans mon comté

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lundi 12 octobre 1970

Les balounes

On s’achète
De la gomme à mâcher pour faire des balounes
On s’achète
De la grosse bière, de la p’tite bière pour prendre une baloune

Société de consommation
Société quand tu nous tiens
Société de sommation
Société quand tu fous rien

Des hirondelles en plastique
Et des amants synthétiques
Des éléphants en mastic
Et des grosses villes pleines de flics

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La pluie

La pluie qui tombe jusqu’à la terre
Mouille mon cœur à l’envers
La pluie qui tombe jusqu’en bas
S’accroche à moé comme des trémas

J’aimerais mieux des traits d’union
Mais les unions c’est défendu
Défendu quand on est trop con
Quand on n’est pas des parvenus

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samedi 12 septembre 1970

Avez-vous vu passer une colombe

Avez-vous vu passer une colombe
Avez-vous vu passer la liberté
L’avez-vous passer dans la pénombre
L’avez-vous passer sans s’arrêter
Elle s’envole
Elle s’en va

Nous
Nous attendrons
Nous attendrons
Que les enfants recommencent à jouer
Nous
Nous attendrons
Nous attendrons
Que les amants recommencent à s’aimer
Nous
Nous attendrons
Nous attendrons
Que la dernière trompette ait sonné

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mercredi 12 août 1970

La broussaille

Aux Magnymontois
et à celui qui s’appelle
Jean-Marc Laprise

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Corinne

À madame Corinne Fortin

Il me faudrait quelques années de plus
Il vous faudrait quelques années de moins
Pour nous aimer peut-être un peu plus
Et pour faire taire tous ces gens biens.

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samedi 11 juillet 1970

Les histoires de cœur

Les histoires de cœur
Sont comme les saisons
Elles s’en viennent et s’en vont
Les histoires de cœur
Les histoires de cœur
Sont comme les chansons
On n’y change que le prénom
Dans les histoires de cœur

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Je vous salue Marie

Je vous salue Marie
Le Seigneur est avec vous
Oh non!
J’veux pas vous déranger
Je vous salue Marie
Mais j’aurais affaire à vous
Au nom
De ceux qui osent pas parler

Je vous salue Marie
Pour que finisse la haine
De ceux
Qui n’ont pas connu mieux
Je vous salue Marie
Pour que prenne fin la peine
De ceux
Qui sont malheureux

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lundi 11 mai 1970

Salut tit-Prince

Salut tit-Prince
Comment va ton mouton
Salut Renard
Et tes poules comment vont

Et nous aurons
Des oiseaux tout blancs
En-dedans
Comme des cerfs-volant
Et nous aurons
Des dimanches blancs
En-dedans
Pour voir passer le temps

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Les enfants de chœur

On n’était pas des enfants de chœur
On aimait jouer des tours aux sœurs
On se moquait bien des polices
On les appelait les gros pleins… de soupe
Et on achetait des gros pétards
À vingt-cinq cents chez Oscar
Et on allait faire péter ça
En arrière du juvénat.

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lundi 12 janvier 1970

Le rendez-vous

1. Je me suis donné rendez-vous
Rendez-vous avec toi
Et j’attendais à genoux
Que tu viennes vers moi.

Moi j’étais là seul
Seul comme un chien
Comme un chien qui attend
Ce qui jamais n’arrivera

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vendredi 9 janvier 1970

Le temps des partances

Vienne le temps des partances
Pour changer de décors
Pour de nouveaux dimanches
Vienne le temps des départs.

Vienne le temps des voyages
Pour changer d’horizon
Pour de nouvelles plages
Vienne le temps des saisons.

Vienne le temps de vivre
Quand on a trop survécu
À l’hiver et au givre
Vienne le temps de l’inconnu.

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Mon cœur est à la pluie

Mon cœur est à la pluie
Je le sens qui frissonne
Mon cœur est à l’ennui
Je le sens monotone.

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Elle n'avait pas appris

Elle n’avait pas appris
L’algèbre moderne
Elle avait désappris
Quelques vers de Verlaine
Mais quand elle chantait sa joie
Mais quand elle riait sa joie
On aurait dit que la terre
Riait aussi

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Belle et douce

Que tu es belle
Que tu es douce
Et si fragile
Entre mes doigts
Tu es si belle
Tu es si douce
Mon cœur d’argile
Devient en joie

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Ce sont mes mains

Ce sont mes mains gauches et grossières
Qui voudraient te caresser
Elles cherchent en vain une manière
De te dire que je veux t’aimer

Mais si tu leur prêtes les tiennes
Elles trouveront bien la façon
De te dire que je t’aime
Et que c’est toi mon horizon

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Aussi longtemps

Aussi longtemps que tu le voudras
Je t’aimerai un peu plus chaque fois
Et notre amour si tu le veux bien
Ne connaîtra que des lendemains

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Je viens

Je viens vous parler de tendresse
De douceur et de liberté
Je viens vous crier ma jeunesse
Avant qu’elle ne soit fanée

Je viens en ces temps mécaniques
À la vitesse des boulevards
Je deviens paroles et musique
Et aussi vite je repars

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La vie à deux

La vie à deux
Douce comme l’air
La vie à deux
Fraîche comme l’eau
La vie à deux
Blanche comme neige
La vie à deux
Tendre comme l’amour.

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Mon cœur est en joie

À Francine

Mon cœur est en joie
En joie de toi
De ton amour
Mon cœur est heureux
Heureux de nous
De notre amour
Mon cœur est comblé
Comblé de toi
Et de nous deux
Mon cœur est en joie
Quand tu es là
Tout près de moi.

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Vietnam

Il n’y a pas de printemps
au Vietnam
Il n’y a pas de fleurs
Il n’y a plus d’enfants
au Vietnam
Il n’y a que des pleurs

Mais pourtant en Amérique
On a des pissenlits
Mais pourtant en Amérique
Les enfants pissent au lit

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jeudi 8 janvier 1970

Vous que j'ai aimées

Vous que j’ai aimées du temps que j’étais idiot
Vous que j’ai aimées du temps que j’étais puceau
Je ne vous aime pas moins aujourd’hui
Mais je vous trouve idiotes
De n’avoir pas dit oui
À mes amours sottes

Moi j’aurais donné
Mes guenilles et mon âme
Pour vous embrasser
Pour toucher votre peau blanche
Mais je n’ai pas eu besoin
De faire autant que ça
Car vous le saviez bien
Vous… ne vouliez pas

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Comme l'amour s'en vient

Comme l’amour s’en vient
Comme le temps s’en va
Moi je viens à vous
Sans compter mes pas
Comme le temps s’en vient
Comme l’amour repart
Si je viens à vous
C’est pour un départ.

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Trente

Quand on en a connu trente comme vous
Quand on en a connu trente
On connaît presque tout de vous
On connaît vos venues vos partances.

On connaît vos gestes et vos faits
On connaît vos paroles et vos dires
On connaît vos gloires et méfaits
On connaît de vous le bon et le pire

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Elle m'a dit

Refrain :
Elle m’a dit simplement je t’aime
Et moi je l’ai point cru
J’aurais dû la croire quand même
Mais je n’ai pas voulu…

Elle parlait de chose et d’autre
Du soleil et du vent
Elle disait bien d’autre chose
Sur l’amour et ses vingt ans
{au Refrain}

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Les amours d'asphalte

Refrain :
Nos amours d’asphalte
Refroidissent et s’échauffent
Au rythme du soleil, de la pluie
Et du vent
Nos amours d’asphalte
Sont celles d’une ville
Qui bat sa drôle de vie
Au rythme du temps

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Le temps de vivre

À vivre d’amour à rythme d’enfer
On en devient le cœur à l’envers
À vivre ses peines au jour le jour
On perd le nom de son amour…

Et l’on invente mille chansons
Mille guitares mille prénoms
Et l’on y croit comme on peut croire
À un matin à un espoir

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Vous êtes princesse

Refrain :
Vous êtes princesse
Plus belle qu’un matin
Et si votre jeunesse
Coule entre vos mains

Au lieu de gémir sur elle
Et de vous plaindre du passé
Croyez aux hirondelles
Au printemps et à l’été
{au Refrain}

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